Communiqué de presse

Le droit aux relations familiales : aux oubliettes ?

 

A l’heure où prend fin la quatrième édition des Journées Nationales de la Prison, consacrée cette année aux familles de détenus, l’Observatoire International des Prisons dénonce les​​ menaces qui pèsent sur l’avenir du Relais Enfants-Parents à Bruxelles.​​ 

Cette asbl a pour objectif depuis 22 ans de favoriser le maintien de la relation entre un enfant et son parent détenu.

 

Le Relais remplit principalement ses missions à travers des entretiens avec le détenu parent et l’organisation de visites collectives et individuelles.​​ 

Les travailleurs du REP sont des psychologues formés au maintien du lien parental et aux questions carcérales.

 

Un soutien bienveillant basé sur l’intérêt de l’enfant​​ est primordial, car un enfant compose mieux avec un parent imparfait qu’avec un parent absent.​​ 

 

Le REP est la seule association active sur le terrain à Bruxelles.

 

Victime d’un sous-financement chronique à Bruxelles, le Relais Enfants-Parents bénéficie de​​ subsides d’aides à l’emploi de la COCOF et d’un complément de l’administration pénitentiaire via les directions de prisons, ces dernières elles-mêmes prises à la gorge par les restrictions budgétaires ne veulent plus assurer ce financement partiel du Relais.​​ 

Relais.

 

Pourtant, le travail effectué par le REP est professionnel, de qualité et essentiel :

 

- Il tente de casser le schéma de la reproduction (près d’1/3 des enfants des détenus passe par la prison à l’âge adulte),​​ 

- Il tente de limiter la récidive du détenu en valorisant son rôle de parent,​​ 

- Au-delà, il tente de garantir le respect des droits fondamentaux du détenu et de l’enfant en maintenant les liens familiaux.​​ 

 

En prison, le fédéral est compétent pour ce qui concerne l’aide contrainte​​ (expertise, avis,…) et les entités fédérées l’aide volontaire (aide psychosociale,…). Selon la clé de répartition entre compétences fédérales et fédérées 90% des moyens sont accordés au fédéral et 10% au fédéré.

 

L’OIP dénonce cette clé de répartition ne permettant pas aux entités fédérées d’exercer ses missions d’aide.

 

Plus​​ largement, l’OIP dénonce l’absence d’égard du gouvernement et de l’administration pénitentiaire pour le secteur de l’aide aux justiciables détenus, préférant mettre le focus sur une politique populiste sécuritaire à court terme, piétinant les droits fondamentaux des détenus et de leur famille, et mettant à mal la réinsertion dans la société à l’issue de l’incarcération.​​ 

 

 

 

 

 

Contacts :

Nicolas COHEN : 0470/02.65.41

Juliette MOREAU : 0476/20.73.89