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Journées Nationales de la Prison : La parole est aux proches des détenus

Cette année, les organisateurs des JNP ont voulu mettre l'accent sur les familles et les proches des personnes incarcérées, bien trop souvent mises de côté.

 

La première manière d'insérer les familles et les proches des détenus est d'organiser des conditions d'accueil décentes pour ces visiteurs particuliers.

 

Pour rappel, les détenus en détention préventive ont droit à une visite par jour, et les condamnés à un minimum de trois visites par semaine. Cela n’est en pratique pas toujours respecté.

 

Les conditions d’organisation des visites sont fréquemment dénoncées par les détenus et leurs proches. 

 

Le Médiateur fédéral constatait déjà en 2012 qu'en Belgique, « il n'existe pas d'infrastructure pénitentiaire spécialement destinée à accueillir les détenus accompagnés de leurs enfants. Des aménagements ont été mis en oeuvre de façon très inégale selon les établissements, créant des conditions matérielles de vie très différentes pour les enfants d'une prison à l'autre (…) À ce manque d'infrastructure spécialisée viennent s'ajouter la pauvreté du cadre réglementaire et l'absence de normes générales d'encadrement de cet accueil, tant en termes d'équipements que de règles de vie, d'accompagnement médico-social ou encore de formation des agents pénitentiaires »1.

 

Le nombre de places disponibles est souvent insuffisant pour le nombre de visiteurs et, selon les établissements, l’inscription à la visite nécessite entre 10 minutes et 1 heure. 

 

À Saint-Gilles par exemple, il n’y a pas de local d'attente prévu pour les familles de détenus qui viennent s'inscrire pour une visite. Celles-ci attendent donc dehors devant la prison dans le froid, sous la pluie, souvent avec de jeunes enfants.

 

Par ailleurs, le fait d’avoir une autorisation de visite (famille, visiteurs de prison,…) n’empêche toutefois pas les problèmes dans la mesure où se sont souvent les agents pénitentiaires de service à l’entrée qui, pour des raisons parfois subjectives, admettent ou refusent l’entrée au visiteur qui se présente à la prison. Ainsi, les visiteurs de prison sont parfois refoulés  à l’entrée par les agents qui estiment qu’ils n’ont pas suffisamment de personnel pour s’occuper de ce type d’activité.

 

D'autres exemples sont cités:

- Un enfant de 6 ans accompagné de sa tante a été refoulé car il n’était pas accompagné par sa mère. La tante et l’enfant était pourtant venus ensemble à la visite à plusieurs reprises2

- Un détenu s’est vu refuser la visite de son nouveau-né car celui-ci n’avait pas de carte d’identité3. 

 

La détention fragilise nécessairement les liens entre les détenus et leurs proches. Il est donc primordial de le maintenir. Cela doit commencer avec un accueil adéquat et respectueux de tous.

 

1

 Cité dans la Notice 2016, page 68.

2

 Voy. la Notice 2016, p. 108.

3

 Ibidem.

https://www.rtbf.be/info/societe/detail_les-proches-des-detenus-au-coeur-des-4e-journees-nationales-de-la-prison?id=9761932