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Le suicide en prison, un sujet encore Tabou

Une étude de l’université de Gand rapporte que ces 16 dernières années 262 détenus se sont suicidés en prison.

– une mort sur trois dans les prisons est un suicide
– le taux de suicide en prison est 8 fois supérieure que dans le reste de la population (2 suicides pour 10 000 personnes)
– 1 suicide est comptabilisé par mois en prison
– 1 suicide sur 5 se déroule pendant le premier mois d’incarcération, et 23 % durant les deux premières semaines

Pourquoi des chiffres autant élevés ?

Ces chiffres sont inquiétants et il est important d’en comprendre les raisons.

La transition vécue par le détenu entre le passage de la société libre à l’incarcération peut être très difficile à vivre.

En effet, la prison engendre un isolement tant social qu’affectif et l’adaptation n’est pas toujours facile.

Il appert aussi que le suicide est souvent lié à une politique sécuritaire des plus stricte.

 

Le suicide révèle généralement d’autres problèmes tels que la surpopulation, les violences physiques et morales, ou encore la difficile application des droits fondamentaux.

Le détenu, comme toute personne, a besoin de se sentir reconnu et respecté.

C’est pourquoi le suicide peut aussi être un moyen pour le détenu de de garder une certaine maitrise sur sa vie, notamment, par exemple, lorsqu’il ne sait pas quand sa libération interviendra.

 

Qui est touché par le suicide en prison ?

– majoritairement les hommes entre 25 et 40 ans
– les détenus en attente de leur jugement, en cellule d’isolement et ceux qui sont transférés.
– les détenus ayant achevés un cycle scolaire supérieur
– les détenus en couple ou avec des enfants

L’encadrement médical et psychologique est primordial mais n’est que très peu rencontré.

 

La Belgique a d’ailleurs été condamnée en mars 2012 par la Cour européenne des droits de l’homme  pour avoir manqué de considérations dans le traitement du détenu.

Cette question a été récemment traitée en profondeur par l’OIP dans sa dernière Notice 2016 (voir p. 156 à 159 de la Notice). »

(source)

Pour aller plus loin:

L. Favril, F. Vander Laenen, K. Audenaert, « suicidaal gedrag bij gedetineerden in Vlaanderen: prevalentie en samenhang met psychiste distress », 2017

L. Favril, C. Wittouck, K. Audernaert, F. Vander Laenen, « Suicide in de Belgische gevangenissen: 2000-2016 », 2017

L. Favril, F. Vander Laenen, « Suicidaliteit in detentie: over kwetsbare personen in een stressvolle context », 2015 :

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