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CRISE SANITAIRE EN PRISON : IL FAUT LIBÉRER !

La situation sanitaire en prison, comme dans le reste de la population, redevient inquiétante : en raison de nouvelles contaminations, les prisons de Huy et Nivelles sont en quarantaine de même qu’une aile entière de la prison de St Gilles.

Outre cette augmentation de cas de contamination (ce ne sont pas des nouveaux entrants mais bien des détenus déjà incarcérés qui ont été testés positifs), la surpopulation carcérale reprend de plus belle.

Au plus haut de la crise sanitaire, le ministre de la Justice avait pris des mesures exceptionnelles pour diminuer la population carcérale et ainsi éviter une trop grande propagation du virus. La réduction du nombre de détenus avait également permis une gestion simplifiée des quarantaines et de l’isolement des détenus contaminés du reste de la prison.

Malheureusement, la situation sanitaire dans les établissements et le taux de surpopulation atteignent à nouveau les mêmes taux qu’au plus fort de la crise. Il est dès lors indispensable que le ministre reprenne des mesures pour libérer le plus grand nombre possible de détenus et ainsi permettre une gestion plus saine de la crise.

En outre, depuis plusieurs jours désormais, en plus de l’angoisse particulière que suscite la propagation du virus en prison et les ruptures de contacts avec les familles (les agents pénitentiaires s’opposant à la reprise des visites hors surveillance), les détenus subissent des grèves émotionnelles du personnel pénitentiaire.

A la prison de Saint-Gilles, ce vendredi à partir de 16h, plus personne ne pouvait entrer dans l’établissements, les agents ayant tous quitté les lieux. Les détenus n’ont dès lors plus eu accès à leur famille, aux services externes d’aide aux détenus et ne pouvaient même pas s’entretenir avec leur avocat, rendant toute préparation de leur dossier judiciaire impossible.

L’OIP est particulièrement alertée par les violations importantes du droit à la santé, du droit de ne pas subir de traitements inhumains et dégradants, du droit aux relations familiales, ou encore des droits de la défense que subissent les personnes détenues.

L’OIP appelle avec force le ministre de la justice à reprendre les mesures exceptionnelles de libération prises pendant le confinement afin de faire redescendre sans délai la pression subie au sein des établissements pénitentiaires tant par les détenus que par le personnel et ainsi permettre une gestion plus efficace de la crise sanitaire en prison. Il en va de la santé des détenus, du personnel et donc du reste de la population.

L’OIP rappelle en outre aux juges d’instruction que les mandats d’arrêts sont délivrés en raison d’une absolue nécessité pour la sécurité publique, nécessité qui peut (et doit) être réévaluée dans un cas de crise sanitaire comme nous le connaissons.